• Le Coca-Cola inventé par un Corse ?

    Tout le monde connaît évidemment le Coca-Cola, puisque ce soda américain, né officiellement en 1886, est sans doute, de nos jours, la boisson la plus populaire à travers le monde.
    Une popularité, qui, cependant, est la source de nombreuses rumeurs, certaines bien réelles, d'autres complètement farfelues...
    Ne dit-on pas que le Coca-Cola pourrait être utilisé comme produit décapant ?
    Qu'il serait à l'origine du personnage du Père Noël ?
    Ou bien que son logo cacherait un message anti-islam ?
    En revanche, l'une de ces rumeurs s'avère, il faut bien l'avouer, un peu moins connue du grand public.
    Selon elle, la célèbre boisson gazeuse, bien qu'inventée aux USA, aurait été inspirée par un pharmacien Corse, du nom d'Ange Mariani, seulement quelques années plus tôt. Cette rumeur est-elle véridique ?
    Et si oui, qui était réellement cet inventeur Corse, tombé, désormais, dans l'oubli ?
     
    L'homme, dont il est question, répond au nom d'Ange-François Mariani et naît le 17 décembre 1838, dans le village de Pero-Casevecchie en Corse
    Aîné d'une fratrie de 7 enfants son père François-Xavier Mariani est l' apothicaire du bourg, avant qu'il ne se décide, en 1847, à ouvrir une pharmacie à Bastia, dans laquelle le jeune homme y fait ses premières armes.
    À l'âge de 21 ans, il s'installe en tant que chimiste à Paris et découvre les études d'un certain Paolo Mantegazza, un neurologue italien ayant découvert le principe actif de la coca, une plante rituelle et médicinale d'Amérique du Sud.
    Par ailleurs, Ange Mariani suit de près les travaux du chimiste allemand Albert Niemann, l'un des premiers à étudier la cocaïne, extraite des feuilles de cette même coca.
    C'est ainsi qu'en 1863, il va mettre au point, avec l'aide d'un certain Pierre Fauvel, l'un des premiers médecins à utiliser la cocaïne pour ses propriétés anesthésiques, un médicament breveté, sous la forme d'une boisson tonique, composée d'une infusion de 3 variétés de feuilles de coca et de vin de Bordeaux.
    Dès lors, il décide de lui donner le nom de ''Vin Tonique Mariani à la Coca du Pérou.''
    Cependant, l'idée d'ajouter de la coca à du vin n'est, franchement, pas nouvelle, bien que Mariani affirmera l'inverse par la suite; se positionnant comme un précurseur dans le domaine.
    Quoiqu'il en soit, ce médicament devient très rapidement un véritable couteau suisse de la pharmacopée.
    Et pour cause, il est capable de soigner un nombre incalculable de pathologies, servant aussi bien comme anti-dépresseur, coupe-faim, stimulant gastrique, ou bien analgésique des voies respiratoires et des cordes vocales.
    Les médecins de l'époque le recommandent même pour les malades atteints de cancers de la gorge ou pour traiter tout simplement une anémie.
    Pour ce faire, la dose journalière recommandée est de 2 ou 3 verres.
    Chaque verre de 30 ml de vin Mariani contenant 6 mg d'un principe actif essentiel, en l'occurrence la cocaïne.
    C'est durant l'année 1863, qu'Ange Mariani voit débouler, à la pharmacie, l'une de ses premières clientes.
    Plus exactement, une cantatrice de l'Opéra enrouée, venant de la part de son laryngologue.
    Ce dernier n'étant autre que le fameux docteur Fauvel, préconisant à sa patiente du « vin de coca » afin de soigner son inflammation de la gorge.
    Ange Mariani s'exécute, aussitôt, et lui propose, comme convenu, sa «boisson tonique».
    La Diva, ravie et visiblement soulagée, le gratifie de ce compliment :
    « c'est excellent, vous m'enverrez 12 bouteilles ».
    Dès lors, le Vin Mariani connaît un énorme succès commercial en Europe. Les personnages célèbres de l'époque se l'arrachent littéralement.
    Aussi bien des têtes couronnées, telles que la reine Victoria du Royaume-Uni, que des hommes politiques, à l'image du président américain William McKinley, ou du français Raymond Poincaré.
    Les artistes ne sont pas en reste, puisque les écrivains Émile Zola et Alexandre Dumas en consomment régulièrement.
    C'est le cas également d'inventeurs célèbres, les frères Lumière ou Thomas Edison en tête.
    Le pape Léon XIII, en personne, n'échappe pas au phénomène, assurant, dans une réclame de la marque, posséder une bouteille sur lui constamment.
    Malgré ce succès planétaire, dirons-nous, Ange Mariani ne se repose pas sur ses lauriers.
    Bien au contraire.
    Au point qu'il en vient à développer de nombreux autres produits dérivés de la recette de son vin.
    C'est ainsi, que voient le jour, toujours estampillés Mariani, des articles aussi divers que des spiritueux, des pâtés, des pastilles, des bains de bouche, des sprays, ou bien des infusions...
    Afin découler plus facilement ces nombreux produits dérivés, Ange Mariani, en véritable visionnaire, va privilégier la vente par correspondance, sur catalogue ou sur publicité.
    Pour autant, aucun autre produit Mariani ne reproduira l'immense succès du ''Vin Tonique''.
    Et ce n'est pas la concurrence grandissante qui va lui faciliter la tâche.
    Et pour cause, un grand nombre de produits identiques apparaissent sur le marché, à l'image de ''La Coca des Incas'' ou bien du ''Vin des Incas''.
    Mais c'est du côté des États-Unis d'Amérique que va surgir le challenger le plus redoutable, en la personne du
    ''French Coca Wine'', lancé, en 1884, depuis Atlanta, par un pharmacien dénommé John Pemberton.
    La recette de l'Américain, qui contient, également, coca du Pérou, noix de kola et vin français, doit cependant faire face en 1886 à la prohibition qui régit l'État de Géorgie.
    Sa boisson alcoolisée étant interdite à la vente, John Pemberton a, alors, l'idée de remplacer le vin par du soda, plus précisément par une boisson gazeuse et sucrée.
    Le Coca-Cola vient de naître.
    Cependant, dès 1906, il se voit contraint de retirer de la composition de sa boisson un autre composant, cette fois-ci la cocaïne suite à son interdiction aux USA.
    Ce qui ne provoque, en aucun cas, un effondrement des ventes.
    Bien au contraire, puisque le Coca-Cola va commencer à s'exporter dans le monde entier.
    Précisément à partir de 1918, au sortir de la Première Guerre mondiale, où un Américain habitant la France, un certain Raymond Linton, a l'idée de vendre la boisson à ses compatriotes, des soldats stationnés dans des camps, en transit vers les États-Unis.
    A partir de 1910, le ''Vin Mariani'', qui pourtant contient un dose de cocaïne inférieure au Coca-Cola à sa création,
    va connaître la même déconvenue que son concurrent américain, puisqu'il se verra, à son tour, délester, de cette substance devenue illicite dans l'hexagone.
    Quant à son créateur, Ange Mariani, celui-ci meurt en 1914.
    Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise, à Paris et ses héritiers seront contraints d'arrêter la production du vin dans les années 1930.
    Cependant, ils tenterons bien de créer une nouvelle boisson, appelée ''Tonique Mariani'', qui restera en vente dans les pharmacies jusqu'en 1963, mais qui, malheureusement, ne rencontrera jamais le succès escompté.
    Il n'en va pas de même pour Coca-Cola, la marque américaine, s'écoulant, elle, dans le monde entier ou presque et dont les sites de production français se trouvent aux Pennes-Mirabeau, mais également en Corse, près de Bastia.
    Encore de nos jours, sa composition fait l'objet d'un secret industriel, quasi militaire.
    Elle reposerait dans un coffre situé dans les sous-sols inviolables de la SunTrust Bank, un établissement financier d'Atlanta, actionnaire historique de la Compagnie.
    Seule une poignée d'employés en connaitraient la formule exacte, entretenant ainsi à merveille la magie du breuvage créé par John Pemberton...

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  • un bellu ghjuvanottu : François Bonetti dettu "cavichjolu "


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  • elezzione in paese


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